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Audit de surveillance : le dossier de présence, sous l'ancien référentiel et sous le nouveau

Publié le Par l'équipe ScolaSign (Ad Cognita)Lecture ~6 min

L'audit de surveillance ne se prépare pas pour une date, parce qu'il n'en a pas.

L'arrêté du 6 juin 2019 relatif aux modalités d'audit dit qu'il « est réalisé entre le 14e et le 22e mois suivant la date d'obtention de la certification ». Neuf mois de fenêtre, dont le placement exact appartient à l'organisme certificateur et non à vous. C'est un détail d'organisation les années ordinaires. Cette année, ce n'en est pas un : le référentiel change le 1er novembre, et beaucoup de fenêtres l'enjambent.

La fenêtre de l'audit de surveillance et le changement de référentiel Frise en cinq jalons : ouverture de la fenêtre au 14e mois, période sous le référentiel actuel à trente-deux indicateurs, bascule au 1er novembre 2026, période sous le nouveau référentiel à trente-trois indicateurs dont le 19 modifié, fermeture de la fenêtre au 22e mois. 14e mois La fenêtre s'ouvre avant le 1er nov. Audit sous 32 indicateurs 1er novembre 2026 Le nouveau référentiel s'applique après Audit sous 33 indicateurs, dont le 19 modifié 22e mois La fenêtre se ferme NEUF MOIS, ET LA DATE NE VOUS APPARTIENT PAS Certifié entre le 1er janvier et le 1er septembre 2025 ? Votre fenêtre enjambe la ligne.
La fenêtre de l'audit de surveillance fait neuf mois et ne se choisit pas. Pour les organismes certifiés entre janvier et septembre 2025, elle enjambe le 1er novembre : le même dossier sera lu sous deux référentiels selon le côté où l'audit tombe.

La fenêtre, et ce qu'elle enjambe

Le calcul se fait en une minute et il vaut mieux le faire que le supposer. Pour qu'une fenêtre contienne le 1er novembre 2026, il faut que le certificat ait été obtenu au plus tôt vingt-deux mois avant, et au plus tard quatorze mois avant. Soit, en dates : tout organisme certifié entre le 1er janvier et le 1er septembre 2025 a une fenêtre d'audit de surveillance qui enjambe le 1er novembre 2026.

Pour ceux-là, la question n'est pas de savoir si le nouveau référentiel s'appliquera, mais de quel côté de la ligne l'organisme certificateur posera la date. Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 ne prévoit aucune disposition transitoire : son article 2 dit que le texte entre en vigueur le 1er novembre 2026, et rien d'autre. Un audit conduit le 30 octobre se tient sous les trente-deux indicateurs actuels, un audit conduit le 2 novembre sous les trente-trois nouveaux. Deux jours d'écart, deux référentiels.

Ce qui est revu à chaque audit de surveillance

L'audit de surveillance ne reprend pas tout. Le même arrêté énumère ce que l'organisme certificateur examine « a minima » :

  • les indicateurs qui ont fait l'objet de non-conformités à l'audit initial ;
  • ceux qui ne peuvent donner lieu qu'à des non-conformités majeures ;
  • les indicateurs 1, 17 et 19, et l'indicateur 3 pour les organismes concernés ;
  • pour ceux qui ont bénéficié de durées aménagées, les indicateurs non vérifiés à l'initial.

Relisez la troisième ligne. L'indicateur 19 est revu à chaque audit de surveillance, sans condition. C'est précisément celui que le décret modifie, et celui qui, pour la première fois, demande de vérifier l'effectivité du suivi des modules réalisés à distance. La conjonction n'a rien d'une coïncidence malheureuse : l'indicateur 19 porte sur les ressources pédagogiques, c'est un indicateur de fond, et c'est pour cela qu'il figure au programme obligatoire depuis 2019.

Autrement dit, pour un organisme qui fait du distanciel et dont l'audit tombe après le 1er novembre, la nouvelle phrase ne sera pas lue si l'auditeur y pense. Elle sera lue.

Ce que le référentiel demande sur la présence, et ce qu'il ne demande pas

Il faut ici dire une chose qui va à contre-courant de ce que tout le monde répète. Le référentiel national qualité ne prononce nulle part les mots « émargement », « assiduité » ou « feuille de présence ». Ni dans les libellés de ses indicateurs, ni dans leurs niveaux attendus, ni dans leurs exemples de preuves. L'indicateur le plus proche est le neuvième, « Le prestataire informe les publics bénéficiaires des conditions de déroulement de la prestation », dont les preuves attendues sont le règlement intérieur, le livret d'accueil et la convocation.

Préparer son audit de surveillance en empilant des feuilles signées, c'est donc se préparer à une question qui ne sera pas posée sous cette forme. Ce qui sera regardé, c'est la cohérence : ce que vous annoncez dans vos conditions de déroulement correspond-il à ce que vos traces montrent.

La contrainte réelle sur la preuve de présence est ailleurs, et elle n'a pas bougé. L'article L6362-6 du code du travail demande de présenter tous documents et pièces établissant la réalisation des actions, et prévoit qu'à défaut celles-ci sont « réputées ne pas avoir été exécutées ». L'article R6332-26 autorise l'opérateur de compétences à réclamer tout document complémentaire et, s'il ne l'obtient pas, à ne pas prendre en charge les dépenses. Un dossier bon pour l'audit et mauvais pour le contrôle de service fait est un dossier qui coûte de l'argent, ce qui est une manière plus douloureuse d'échouer.

Le dossier, concrètement

Quatre choses à pouvoir sortir, pour une action et une période données, sans reconstituer.

L'inventaire de ce qui se fait à distance. Module par module, pas formation par formation. C'est la première question si l'audit tombe après le 1er novembre, et beaucoup de catalogues n'y répondent qu'en ouvrant les programmes un par un.

Les traces de suivi, nominatives et datées. Relevé de connexion, temps passé, travaux rendus, participation à une classe virtuelle. Le texte ne privilégie aucune de ces formes, il exige qu'il y en ait une et qu'elle porte sur des personnes.

Les présences du présentiel, à la maille de la demi-journée, avec la signature du formateur pour chaque séance qu'il a réellement animée. Ce n'est pas le référentiel qui l'impose, c'est la façon dont les heures sont décomptées et facturées.

La cohérence entre les trois. Les heures portées sur vos certificats de réalisation sont celles que le dossier sait démontrer, absences déduites. Une séance facturée sans trace, ou une trace un jour férié, est ce qui attire l'attention en premier.

Ce qui ne change pas

Si vous ne faites aucun distanciel, l'ajout du 1er novembre ne vous concerne pas. Votre indicateur 19 reste ce qu'il était, et une session en salle correctement émargée reste conforme. Il serait commode de prétendre le contraire pour vendre un outil ; ce serait faux, et l'auditeur, lui, le saura.

Le seul contrôle qui vaille

Tirez une session au hasard, une seule, et reconstituez-la en cinq minutes montre en main : convocation, programme, présences par demi-journée, signature du formateur, traces de distanciel s'il y en a, certificat de réalisation. Si vous n'y arrivez pas avec votre propre dossier, personne n'y arrivera à votre place, et surtout pas quelqu'un qui découvre votre organisation le matin même.

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